Jonathan OUISSE
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biographie
/ 02Que vous soyez expert en art ou simple amateur, l’oeuvre de Jonathan OUISSE ne vous laissera pas indifférent. Une œuvre singulière qui ne suit ni mode artistique ni tendance esthétique pour plaire. Il dépeint un univers troublant où protagonistes et animaux évoluent dans un monde où ils sont malmenés. Souvent grotesque, empreint de dérision, son travail regorge de symboles inspirés de la politique, des médias et de l’enfance, sans jamais tomber dans le cliché. Influencé par le clair-obscur de la Renaissance italienne, son style est précis, son éclairage dramatique. Ancré dans la culture urbaine des années 90, son œuvre en porte les traces et marque durablement l’esprit du spectateur.
Le burlesque, utilisé comme un procédé subversif teinté de misanthropie, est une référence majeure dans son travail, à l’image des films d’Emir Kusturica, Federico Fellini ou encore des Monty Python. Dans Underground, Roma ou Le Sens de la vie, l’absurde devient central, et Jonathan Ouisse pousse cette démarche encore plus loin en malmenant l’humanité, en la tournant en dérision et en se moquant de sa vanité démesurée.
Installé en partie en Hongrie, un pays marqué par un nationalisme progressif depuis plusieurs années, il observe discrètement ces tendances politiques modernes prônant le protectionnisme et la xénophobie. Inspiré par cette démagogie exacerbée, il retranscrit dans son œuvre la course effrénée à la consommation, l’individualisme affirmé et l’influence des médias, où émissions abrutissantes et publicités creuses deviennent le reflet d’une société moderne figée dans une image surréaliste.
L’univers de l’enfance
L’imagination des enfants est infinie : elle réinterprète le monde qui l’entoure, crée des scénarios et donne vie à des récits. Père de deux enfants, Jonathan Ouisse s’amuse de cette créativité sans limites, représentant l’enfance dans ses jeux, intégrant jouets et figures fantastiques à ses toiles. Les enfants deviennent alors acteurs et spectateurs de sa peinture.
La place de l’animal
Présent en toile de fond, l’animal joue un rôle essentiel et quasi omniprésent dans son œuvre. Tantôt totem soumis inspiré des cultures chamaniques, tantôt allégorie de l’humanité, il est parfois agressif, passif ou déguisé pour le cirque. Victime de la bêtise humaine, il participe malgré lui à cette grande parodie qu’est la vie.
Une conscience écologique
Des friches industrielles aux paysages dévastés, l’environnement dans ses œuvres est systématiquement bouleversé. L’atmosphère est lourde, suffocante, la tension palpable : sommes-nous face à une apocalypse en cours, ou déjà dans un monde d’après ? L’anarchie règne, la nature est absente, les commerces fermés, les lieux de culte abandonnés. Des carcasses de voitures deviennent des terrains de jeu. Tout rappelle que l’humanité est éphémère face à l’univers, et que la nature poursuivra son chemin bien après nous.